Idées reçues sur le sommeil des bébés : ce qu’on croit vs. ce que dit la science

Le sommeil des bébés est entouré de nombreux mythes qui peuvent mettre une pression inutile sur les parents et nuire à une relation apaisée au sommeil. Certaines croyances bien ancrées, souvent transmises de génération en génération, peuvent créer de la culpabilité ou induire des pratiques peu respectueuses du rythme de l’enfant.

Dans cet article, nous faisons le tri entre idées reçues et réalités scientifiques, pour vous permettre d’accompagner votre bébé avec plus de sérénité.

« Un bébé doit faire ses nuits dès 3 mois »

C’est sans doute l’idée reçue la plus répandue — et l’une des plus culpabilisantes.

En réalité, il n’existe pas d’âge “normal” pour faire ses nuits. Chaque bébé a son propre rythme de maturation neurologique et émotionnelle. Avant 6 mois, la majorité des nourrissons se réveillent encore la nuit pour des raisons physiologiques (faim, besoin de proximité, cycles courts…) [1;2].

Faire ses nuits (souvent défini arbitrairement comme 5 à 6 heures consécutives) est un processus progressif, qui dépend de nombreux facteurs : tempérament, rythme de la journée, développement émotionnel, etc [3;4].

« S’il se réveille la nuit, c’est qu’on l’a mal habitué »

Cette croyance repose sur l’idée que les bébés deviendraient “dépendants” de certaines habitudes (bras, tétée, bercements…). Pourtant, il est tout à fait normal qu’un nourrisson ait besoin de régulation externe pour s’endormir et se rendormir [1;5].

Le besoin de contact, de sécurité, de proximité est un besoin fondamental, pas une “mauvaise habitude” [6]. Le cerveau du bébé n’est pas encore capable de gérer seul les émotions, le stress ou les transitions de sommeil. C’est en étant rassuré et contenu qu’il construit peu à peu ses propres compétences d’endormissement [7].

Vous ne créez pas une dépendance, vous posez les bases de la sécurité intérieure.

« Il faut le laisser pleurer pour qu’il apprenne à dormir »

Certains courants (notamment issus des années 50-70) ont popularisé l’idée que laisser pleurer permettait aux bébés d’apprendre à s’endormir seuls. Mais de nombreuses études en neurosciences et psychologie du développement montrent aujourd’hui que cela peut être contre-productif et stressant pour le système nerveux du nourrisson [8].

Le laisser pleurer seul, sans réponse adaptée, n’apprend pas à dormir : cela peut l’amener à se résigner. Il cesse de pleurer non pas parce qu’il a appris à dormir, mais parce que son système de stress s’est inhibé [8].

Un endormissement sécurisé se construit dans la confiance et la relation, pas dans la solitude forcée [9].

« Plus il est fatigué, mieux il dormira »

Cela semble logique… mais c’est souvent l’inverse !

Un bébé qui est trop fatigué, parce que ses besoins de sommeil diurne ne sont pas respectés ou que son coucher est trop tardif, a souvent plus de mal à s’endormir et à rester endormi. Le surmenage active son système de stress (cortisol), ce qui perturbe le sommeil nocturne [10;11].

Favoriser des temps calmes et des siestes suffisantes dans la journée aide à un sommeil plus stable la nuit [12;13].

« Il dort mal parce qu’il est trop stimulé / pas assez stimulé / trop porté / trop collé »

Quand le sommeil devient difficile, on cherche souvent un responsable. Pourtant, la qualité du sommeil dépend d’un équilibre subtil entre les besoins physiologiques, émotionnels et sensoriels de l’enfant [14].

Aucun parent ne “fait mal” en portant, allaitant, berçant ou en “cododotant”, si ces choix sont faits en conscience et en cohérence avec les besoins de l’enfant [15].

Le plus important, c’est l’ajustement relationnel, pas la méthode.

Ce qu’il faut retenir

Le sommeil des bébés n’est ni mécanique, ni linéaire. Il est profondément lié à la maturation du cerveau, aux besoins affectifs et aux rythmes biologiques.

Déconstruire les idées reçues permet de :

  • diminuer la pression parentale,

     

  • faire confiance à l’intuition et aux signaux de son enfant,

     

  • adopter une posture plus sereine, ancrée dans la réalité du développement.

     

Envie d’un accompagnement basé sur la science et l’écoute ?

Je vous accompagne avec une approche respectueuse, douce et personnalisée, pour retrouver des nuits plus sereines en tenant compte du rythme de votre bébé et de votre réalité familiale.

Sources:

[1] American Academy of Pediatrics (AAP). « Sleep: What Every Parent Needs to Know. » 2013 ; [2] Heraghty, J.L., et al. « Sleep duration and waking at night in 12-month-old infants. » Child: Care, Health and Development, 2008. ; [3] France, K.G., & Blampied, N.M. « Infant sleep disturbance: Description of a problem behavior process. » Sleep Medicine Reviews, 1999. ; [4] Haute Autorité de Santé (HAS). « Troubles du sommeil de l’enfant : repérage et prise en charge en soins primaires. » 2022. ; [5] Sadeh, A., Tikotzky, L., & Scher, A. « Sleep problems in infants and young children: A review of the epidemiology, causes, and interventions. » Pediatrics, 2009. ; [6] Bowlby, J. « Attachment and Loss: Vol. 1. Attachment. » Basic Books, 1969. ; [7] Granier-Deferre, C., et al. « Le sommeil du nourrisson : développement, troubles et prise en charge. » Archives de Pédiatrie, 2011. ; [8] naitreetgrandir.com, « Dodo: faut-il laisser pleurer bébé? » ; [9] lesprosdelapetiteenfance.fr, « Étude : la méthode infaillible (ou presque) pour apaiser les bébés qui pleurent et favoriser leur sommeil » ; [10] Sommeil de l’enfant : ses étapes et ses troubles | ameli.fr ; [11] Sommeil normal du bébé : de la naissance à 3 ans – Réseau Morphée ; [12] naitreetgrandir.com, “Le sommeil de bébé”. ; [13] soinsdenosenfants.cps.ca “De saines habitudes de sommeil pour votre bébé et votre enfant” – Société Canadienne de Pédiatrie ;  [14] institut-sommeil-vigilance.org “Le sommeil de 0 à 3 ans” ; [15] Des recommandations pour créer des environnements de sommeil sécuritaires pour les nourrissons et les enfants. Paediatr Child Health. 2004 Nov;9(9):667–72. French. PMCID: PMC2724137.